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Kalshi recrute une ex-Obama : le lobbying crypto passe la vitesse supérieure

Kalshi, la plateforme de marchés prédictifs, embauche Stephanie Cutter, ex-conseillère d'Obama, pour renforcer son influence à Washington. Un recrutement bipartisan stratégique, entre Trump Jr. et démocrates, alors que les procès pleuvent.
📅 vendredi 3 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture
Kalshi recrute une ex-Obama : le lobbying crypto passe la vitesse supérieure

Kalshi joue sur les deux tableaux. La plateforme de marchés prédictifs vient d'annoncer l'arrivée de Stephanie Cutter, ancienne conseillère de Barack Obama, comme policy adviser. Un recrutement qui sent le calcul politique à plein nez.

Cutter n'est pas une inconnue à Washington. Elle a cofondé Precision Strategies en 2013, un cabinet de communication politique influent. Son rôle chez Kalshi : ouvrir les bonnes portes, parler aux bonnes personnes, faire du lobbying efficace. Le CEO Tarek Mansour ne s'en cache même pas, déclarant qu'elle sait "faire passer le message aux bonnes personnes".

Le timing n'est pas anodin. Kalshi avait déjà recruté Donald Trump Jr. comme conseiller stratégique en janvier 2025, une semaine avant l'investiture de son père. Avec Cutter côté démocrate et Trump Jr. côté républicain, la plateforme se constitue un arsenal de lobbying bipartisan. Le message est clair : peu importe qui gouverne, Kalshi veut être dans les petits papiers de tout le monde.

Et il y a urgence. La plateforme fait face à une avalanche de problèmes juridiques. Plusieurs États américains ont lancé des poursuites contre Kalshi et ses concurrents, estimant que les contrats événementiels proposés sur ces marchés prédictifs ne sont rien d'autre que des paris illégaux, notamment sur le sport.

La CFTC, sous la direction de Michael Selig, nommé par Trump, a pris position en faveur des plateformes. L'agence fédérale revendique une "juridiction exclusive" sur ces marchés et attaque elle-même les régulateurs de jeux d'État. Une guerre ouverte entre le fédéral et les États.

Mais le front le plus dangereux est peut-être au Congrès. Plusieurs élus démocrates ont tiré la sonnette d'alarme après ce qu'ils qualifient de "transactions suspectes" liées à l'invasion de l'Iran par les États-Unis. Le soupçon de délit d'initié plane sur les marchés prédictifs. Kalshi et Polymarket avaient annoncé en mars la mise en place de garde-fous pour empêcher l'utilisation d'informations privilégiées, mais cela n'a pas suffi à calmer les législateurs.

Des projets de loi circulent pour interdire purement et simplement aux politiciens de parier sur les marchés prédictifs. Pour l'instant, aucun n'a été voté. L'issue des procès au niveau des États reste tout aussi incertaine.

Kalshi ne mise pas sur la chance. En recrutant des figures des deux camps politiques, la plateforme construit méthodiquement son filet de sécurité réglementaire. C'est du lobbying brut, assumé, et probablement nécessaire pour survivre dans un environnement où chaque régulateur peut devenir un ennemi.

Ce que ça change : Kalshi montre que dans la crypto et les marchés prédictifs, la survie ne se joue plus seulement sur la tech ou les produits. Elle se joue dans les couloirs du pouvoir. La plateforme qui gagnera la bataille réglementaire raflera le marché, et Kalshi investit massivement pour que ce soit elle.